Les législateurs américains font pression sur Intel pour qu’il explique son utilisation potentielle des outils de fabrication de semi-conducteurs d’ACM Research, une société chinoise inscrite sur la liste noire du gouvernement américain. Les préoccupations portent sur les risques pour la sécurité nationale et sur la question de savoir si l’argent des contribuables, investi dans Intel, pourrait par inadvertance soutenir un adversaire étranger.
Enquête du Congrès
Un groupe bipartisan de six sénateurs, dont Elizabeth Warren (D-MA) et Tom Cotton (R-AR) – a envoyé cette semaine une lettre au PDG d’Intel, Lip-Bu Tan, exigeant des réponses. Les législateurs se demandent spécifiquement si Intel teste ou utilise des équipements d’ACM Research, qui fabrique des outils essentiels à la production de puces. Ils ont demandé une réponse d’ici le 20 mars, demandant des détails sur les garanties protégeant les processus d’Intel et l’assurance que les fonds américains n’affluent pas vers la Chine.
Les enjeux : investissement des contribuables et sécurité nationale
Cet examen minutieux intervient alors qu’Intel reçoit un financement public important. L’administration Trump a investi 8,9 milliards de dollars dans l’entreprise l’année dernière, acquérant une participation de 10 %, l’un des investissements gouvernementaux les plus importants dans une entreprise privée depuis la crise financière de 2008. Les législateurs affirment que le recours à la technologie chinoise inscrite sur la liste noire pourrait directement saper le leadership américain dans le domaine des semi-conducteurs et compromettre la sécurité nationale.
La situation est encore compliquée par les inquiétudes soulevées précédemment concernant les liens du PDG Tan avec la Chine, ce qui en fait une question sensible à la fois pour l’entreprise et pour le gouvernement. Il ne s’agit pas seulement d’affaires ; il s’agit de la manière dont les États-Unis équilibrent leurs intérêts économiques avec les réalités géopolitiques.
Qu’est-ce qui est à risque ?
Les outils d’ACM Research sont utilisés dans une étape critique de la fabrication des puces : le retrait de matière des tranches de silicium. S’ils sont compromis, ces processus pourraient être vulnérables à l’espionnage ou au sabotage. Les législateurs veulent savoir comment Intel prévoit de prévenir ce risque, compte tenu notamment de l’investissement substantiel des États-Unis.
La question centrale est de savoir si Intel peut concilier ses besoins commerciaux avec la pression croissante visant à se découpler de la Chine dans des secteurs stratégiques.
Intel n’a pas encore répondu publiquement à la lettre. L’entreprise fait face à une pression croissante pour démontrer son engagement envers les intérêts de sécurité nationale des États-Unis alors qu’elle cherche à retrouver sa domination sur le marché des semi-conducteurs.























