De nombreux retraités sont confrontés à une question simple : le refinancement a-t-il un sens ? La réponse n’est pas toujours claire, surtout lorsque l’on vit avec un revenu fixe. Le conseiller financier Lance Morgan explique que la décision va au-delà de la simple recherche d’un taux plus bas.

La règle fondamentale : compenser les coûts

La première étape est simple. Le refinancement n’a de sens que si le nouveau taux d’intérêt compense de manière significative les frais de clôture. En 2026, avec des taux oscillant autour de 6 %, une baisse d’au moins 0,75 % à 1 % est généralement requise. Ceux qui ont fixé des taux supérieurs à 7 % en 2022 ou 2023 sont les mieux placés pour en bénéficier.

Le seuil de rentabilité est la clé. Il faut plus de quatre ans pour récupérer 10 000 $ de frais de clôture pour économiser 200 $ par mois. Les retraités doivent évaluer de manière réaliste s’ils resteront dans la maison suffisamment longtemps pour que les économies soient importantes.

Flux de trésorerie : l’avantage négligé

Au-delà de l’épargne brute, une raison cruciale de refinancement est la protection des flux de trésorerie. Morgan donne un exemple : son beau-père a refinancé une hypothèque de 15 ans à 30 ans après une perte d’emploi. Cela a réduit les mensualités, offrant ainsi une marge de manœuvre lorsque les revenus étaient incertains.

Pour les retraités qui dépendent de la sécurité sociale, des retraites ou des investissements, c’est vital. Des dépenses inattendues ou des baisses de marché peuvent mettre à rude épreuve les budgets. Le refinancement à plus long terme peut offrir une flexibilité financière pendant les périodes difficiles.

Le piège des taux bas : quand ne pas refinancer

De nombreux retraités de 2020 à 2022 ont bloqué des taux autour de 3 %. Le refinancement à 6 % coûtera désormais de l’argent pendant la durée du prêt, même s’il réduit les mensualités.

Une hypothèque de 300 000 $ à 3 % sur 15 ans coûte environ 155 000 $ en intérêts. Un refinancement à 6 % sur 30 ans coûte près de 347 000 $. Le calcul est clair : les taux bas ne devraient pas être touchés.

Scénarios où le refinancement a du sens en 2026

  • Taux actuel élevé (au-dessus de 7 %) : Une baisse de 7,5 % à 6,37 % permet d’économiser rapidement de l’argent.
  • Besoins de trésorerie : Même une légère baisse des taux, combinée à une durée plus longue, peut libérer un revenu mensuel.
  • Élimination du PMI : Si les capitaux propres dépassent 20 %, le refinancement peut supprimer l’assurance hypothécaire privée, permettant ainsi d’économiser 100 $ à 300 $ par mois.
  • Consolidation de dettes : Le refinancement par retrait de fonds peut réduire les dettes à taux d’intérêt élevé, mais seulement si les habitudes de dépenses n’annulent pas les économies.

Quand éviter le refinancement

  • Taux existant faible (inférieur à 4,5 %) : Le coût à long terme l’emporte sur les gains à court terme.
  • Horizon de temps court (moins de 5 ans) : Les frais de clôture ne seront pas dépassés avant même une vente.
  • Drainage du fonds d’urgence : Utiliser l’épargne pour couvrir les frais de clôture vous rend vulnérable aux dépenses imprévues.

En conclusion, le refinancement n’est pas une solution universelle pour les retraités. Il s’agit d’un outil stratégique qui nécessite un calcul minutieux et une prise en compte des circonstances individuelles. Pesez les coûts par rapport aux avantages, donnez la priorité à la stabilité des flux de trésorerie et évitez les pièges comme le refinancement à faible taux.