Le système de santé à Gaza ne s’effondre pas seulement à cause de la violence immédiate de la guerre, mais à cause d’une campagne soutenue d’obstruction et de destruction délibérées. Alors que le droit international protège les hôpitaux, les Forces de défense israéliennes (FDI) les ciblent systématiquement, une pratique désormais reconnue sous le terme de « domicide » – la destruction d’habitations et d’infrastructures essentielles à la vie. Fin 2023, seuls 14 des 36 hôpitaux de Gaza étaient encore opérationnels, une indication frappante de la dévastation actuelle. Plus de 1 700 travailleurs de la santé ont été tués, et 220 autres sont toujours détenus en Israël.
Faux cessez-le-feu et rareté des produits manufacturés
Les brefs cessez-le-feu annoncés en octobre offraient une fausse promesse de reprise. Même si elle était pleinement appliquée, l’infrastructure de santé décimée de Gaza était déjà au-delà de sa capacité, équipée uniquement pour soigner les blessures graves de guerre. Une véritable fin des hostilités aurait submergé les médecins restants avec des patients cherchant des soins pour des maladies chroniques et des maladies courantes – des problèmes exacerbés par des années de conflit.
Cependant, la situation est bien pire : Israël autorise les médecins à entrer à Gaza mais restreint sévèrement l’entrée de fournitures médicales essentielles. Plusieurs travailleurs humanitaires signalent avoir introduit clandestinement du matériel vital dans leurs bagages personnels. Cette rareté délibérée n’est pas accidentelle ; il garantit que le système de santé de Gaza reste paralysé même pendant les périodes de réduction des combats. Les médecins sur le terrain décrivent cela comme une continuation du génocide par d’autres moyens – une lente et angoissante usure par la privation plutôt que par le meurtre pur et simple.
La « ligne jaune » et l’obstruction systématique
La violence continue, même après les déclarations de cessez-le-feu, est concentrée le long de la « ligne jaune » arbitraire séparant le territoire occupé par Israël du reste de Gaza. Les pertes continuent tandis que les soldats tirent sur les Palestiniens perçus comme traversant cette frontière mal définie. Entre le cessez-le-feu annoncé et la mi-février, Israël a tué plus de 600 personnes, portant le nombre total de morts (probablement sous-estimé) à plus de 72 000, selon le ministère palestinien de la Santé.
Le flux de l’aide est également limité. Malgré la pression internationale, Israël n’a autorisé que 260 personnes sur 18 500 ayant besoin de soins médicaux urgents à quitter Gaza via le terminal de Rafah en deux semaines. Plus alarmant encore, seules 269 personnes ont été autorisées à retourner , faisant craindre un déplacement forcé.
« La guerre n’est pas finie… Les victimes continuent de se produire. » – Médecin international à l’hôpital Al-Shifa
Ce n’est pas seulement un sous-produit d’un conflit ; il s’agit d’une politique systématique conçue pour briser la capacité de Gaza à maintenir la vie, même après la fin des combats immédiats. Le refus des ressources médicales de base, combiné à la poursuite de la violence et aux restrictions de mouvement, garantit que le système de santé de Gaza – et la population qu’il dessert – reste au bord de l’effondrement.























