Le paysage médiatique de ce mois-ci reflète un mélange particulier d’évasion, d’anxiété et de courants politiques sous-jacents. Des tendances virales sur Internet à la domination des plateformes de streaming, en passant par la renaissance de références culturelles de niche, les événements actuels révèlent des changements plus larges dans la manière dont les gens consomment l’information et les divertissements.

Le mème “L’heure très chinoise”

La récente montée du thème « Very Chinese Time » met en lumière un sentiment américain particulier : un désir nostalgique de stabilité et d’ordre perçus, qualités associées (à tort ou à raison) à la structure sociale de la Chine. Cette tendance ne concerne pas la culture chinoise réelle ; c’est une lamentation symbolique pour ce que de nombreux Américains pensent que leur propre pays a perdu : un sentiment d’utilité collective et une forte cohésion sociale. Cette tendance souligne un mécontentement profondément enraciné face à la fragmentation et au chaos de la société américaine contemporaine.

Guerres de streaming et surcharge de contenu

La promotion incessante des services de streaming (Hulu, Netflix, Amazon Prime, HBO Max) illustre le paysage médiatique actuel. Avec des dizaines de listes des « meilleures émissions » circulant chaque semaine, le volume de contenu est écrasant. Cette saturation oblige les téléspectateurs à s’appuyer sur des recommandations sélectionnées plutôt que sur des découvertes organiques, transformant ainsi le divertissement en une autre forme de consommation algorithmique.

  • Hulu : Comprend Mille coups, Tell Me Lies et Paradise.
  • Netflix : présente The Rip, Frankenstein et Wake Up Dead Man : A Knives Out Mystery.
  • Amazon Prime : Comprend Fallout, The Girlfriend et The Mighty Nein.
  • HBO Max : Points forts Un Chevalier des Sept Royaumes, The Pitt et Industrie.

Ce cycle incessant de nouveautés renforce l’idée selon laquelle le divertissement est jetable, conçu pour être consommé et oublié en quelques semaines.

Polarisation politique et désinformation

La couverture de l’intervention militaire américaine en Amérique latine réduite à des vidéos virales de 60 secondes illustre le problème des récits politiques déformés. Les réseaux sociaux privilégient souvent le sensationnalisme au détriment du contexte, permettant ainsi à la désinformation de se propager rapidement. Cela met en évidence les dangers d’un engagement superficiel face à des événements géopolitiques complexes.

De même, l’affirmation de Robert F. Kennedy Jr. selon laquelle il faut mettre fin à la « guerre contre les protéines » relève moins de la politique réelle que de l’appel à la masculinité conservatrice. Ce type de rhétorique capitalise sur des guerres culturelles fabriquées pour attirer l’attention.

Doomscrolling et anxiété existentielle

L’aveu de Margaret Atwood à propos du « doomscrolling » reflète une habitude culturelle plus large de consommation compulsive d’informations négatives. Son engagement continu, malgré la conscience de sa toxicité, suggère une fascination morbide pour les crises imminentes. Ce comportement souligne l’anxiété sous-jacente qui prévaut à l’ère numérique.

La monétisation de l’IA

L’introduction des publicités dans ChatGPT représente un changement important dans le paysage de l’IA. Les assurances d’OpenAI selon lesquelles les publicités n’influenceront pas les réponses ou ne vendront pas les données des utilisateurs sont accueillies avec scepticisme. Cela marque une nouvelle étape vers la commercialisation de l’intelligence artificielle, soulevant des questions sur la confidentialité des utilisateurs et la manipulation algorithmique.

En conclusion, les tendances médiatiques de février 2024 témoignent d’une société aux prises avec la fragmentation, la désinformation et un sentiment de malaise croissant. Qu’il s’agisse de divertissements d’évasion ou d’angoisses dystopiques, le récit culturel dominant reste celui de l’instabilité et de la consommation incessante.