La Federal Trade Commission (FTC), une agence traditionnellement chargée de prévenir la fraude et de protéger les droits des consommateurs, connaît un changement d’orientation important. Des actions récentes suggèrent que l’agence envisage de considérer les ** soins d’affirmation de genre pour les mineurs ** comme une question de « pratiques trompeuses », une décision qui, selon les experts et d’anciens employés, pourrait modifier fondamentalement le paysage des soins de santé transgenres aux États-Unis.

Un changement dans la stratégie d’enquête

Depuis le milieu de l’année 2025, la FTC a dépassé son champ habituel de surveillance des produits contrefaits et des escroqueries financières. Au lieu de cela, le Bureau de la protection des consommateurs a commencé à émettre des demandes d’enquête civile (CID) (instruments juridiques similaires aux assignations à comparaître) aux principales organisations médicales à but non lucratif.

Les organisations ciblées comprennent :
– L’Académie américaine de pédiatrie
– La Association professionnelle mondiale pour la santé des transgenres (WPATH)
– La Société endocrinienne

En ciblant ces « normalisateurs », la FTC ne se contente pas d’enquêter sur des médecins individuels ; il scrute les organisations mêmes qui établissent des protocoles médicaux pour les soins de santé transgenres. Les experts juridiques suggèrent que cette stratégie pourrait être une tentative de présenter l’ensemble du domaine de la médecine transgenre comme étant intrinsèquement trompeur.

Nouveau leadership et recrutement spécialisé

L’orientation de l’agence semble être motivée par une restructuration délibérée de son personnel. Deux évolutions clés soulignent cette tendance :

  1. Recrutement juridique spécialisé : La FTC a récemment publié des offres d’emploi de haut niveau pour des avocats spécifiquement chargés d’enquêter sur les « pratiques déloyales et trompeuses » liées au traitement pédiatrique de la dysphorie de genre.
  2. Nominations clés : L’agence a recruté Glenna Goldis en tant que directrice adjointe des projets spéciaux (enfants et adolescents). Goldis, un ancien responsable de l’État de New York, a publiquement exprimé son intention de cibler les licences médicales et le statut professionnel des prestataires qui proposent des soins d’affirmation de genre.

Le coût élevé de la conformité

Pour les organisations médicales à but non lucratif faisant l’objet d’une enquête, le fardeau est à la fois financier et opérationnel. Mila Becker, directrice des politiques de l’Endocrine Society, a souligné que répondre à ces demandes pourrait coûter à son organisation plus de 500 000 $, en plus d’un temps considérable pour le personnel.

Au-delà de l’argent, il existe d’importants obstacles juridiques et éthiques :
* Problèmes de confidentialité : Enquêter sur ces groupes nécessite de naviguer dans les données sensibles et anonymisées des patients et les intérêts de tiers en matière de confidentialité.
* L’« effet dissuasif » : Les experts craignent que si la FTC s’attaque de manière agressive aux organisations à but non lucratif, les groupes médicaux à but lucratif emboîteront le pas. Cela pourrait amener les médecins à cesser discrètement de fournir des soins de santé aux transgenres pour éviter la ruine juridique et financière.

Contexte : un programme politique plus large

Ce pivot FTC n’existe pas en vase clos. Cela fait partie d’une initiative administrative plus large visant à démanteler les droits des transgenres par le biais d’une politique fédérale. Le président de la FTC, Andrew Ferguson, a exprimé sa mission de lutter contre le « programme trans », alléguant que les prestataires poussent « de manière trompeuse » les interventions médicales sur les patients sans divulguer les risques.

“La FTC a intenté de nombreuses poursuites autour de remèdes bidons… mais ces affaires ciblent des organisations à but non lucratif situées en dehors de sa juridiction traditionnelle”, prévient un ancien employé de la FTC.

Ce changement s’aligne sur les récents décrets visant à « restituer la vérité biologique » au gouvernement fédéral, signalant une volonté d’utiliser les agences de réglementation comme outils d’application des politiques sociales et médicales.


Conclusion
En recadrant les protocoles médicaux comme une tromperie du consommateur, la FTC évolue vers un nouveau rôle controversé qui menace la stabilité financière des organisations médicales à but non lucratif et la disponibilité de soins affirmant le genre. Ce changement marque une escalade significative dans l’utilisation du pouvoir réglementaire fédéral pour influencer les normes de soins de santé.